« EARTHQUAKE ON THE MANOR: A place full of beauty and Dangers ».

Je suis tombé sur un article des jeunes artistes allemands Anna et Roman Küffner et notamment sur des photographies d’un domaine italien borné par des ruines impressionnantes. Le parc autrefois vaste entourant le vieux manoir est complètement hors de contrôle, la nature a manifestement repris ses droits. De la pelouse anglaise méticuleuse taillée, du parfum des rosiers et des océans de fleurs colorées qui devait y avoir jadis, de ce que je vois il ne reste rien. L’entrée du domaine se fait par ce qui était autrefois un immense portail d’entrée «pompeux». La villa appartenait à une famille noble et compte pas moins de 30 chambres pour une superficie totale de 5000 mètres carrés, le tout avec une zone forestière adjacente aménagée pour des parties de chasse.

Il est évident au vu des clichés que trois siècles plus tard, une autre famille de noble a repris le sceptre et a réalisée d’importants travaux de rénovation. Pour la petite histoire, cela me rappel le château royal de Blois qui réunit autour d’une même cour un panorama de l’architecture française du Moyen Âge à l’époque classique en passant par le Gothique, Gothique flamboyant ou encore Renaissance, Architecte qui en fait un édifice clef pour la compréhension de l’évolution de l’architecture au fil des siècles. Les appartements royaux restaurés sont meublés et ornés de décors polychromes du xixe siècle, créés par Félix Duban dans la lignée des restaurateurs contemporains de Viollet-le-Duc…

Revenons au sujet de l’article, au vu de mes recherches, les descendants de cette famille noble ont profité de la somptueuse villa jusqu’aux années 60. Depuis le calme est revenu dans ses vieux murs et à l’image de certain châteaux de la Loire, faute de repreneurs, s’abime de plus en plus d’années en années. Ce qui explique le titre de l’article de Anna et Roman Küffner, “EARTHQUAKE MANOR: EIN ORT VOLLER SCHÖNHEIT UND GEFAHREN”. En effet, sur la photographie du grand hall, nous avons l’impression qu’un tremblement de terre dévastateur a eu lieu quelques années plus tôt. Une grande partie de l’immense plafond en dôme se détacha. Pierres et de débris jonchent le grand salon.

By Anna et Roman Küffner

By Anna et Roman Küffner

Timeless Beauty of Art By Anna et Roman Küffner

By Anna et Roman Küffner

By Anna et Roman Küffner

By Anna et Roman Küffner

Comme dans l’article que je vous avais présenté sur Sven Fennema, ou encore un prochain que j’écris sur Michael Himpel et Werner Pawlok, les œuvres des artistes Anna et Roman Küffner nous transportent immédiatement vers d’autres temps, des époques révolues. Les deux photographes nous font découvrir de majestueuses villas et des châteaux abandonnés. On traverse avec eux de larges couloirs et des salles imposantes.

Hot Spring by Sven Fennema

Enchanted by Sven Fennema

La Guarida #3 by Michael Himpel

House of Fefa (stairway) – Havana by Werner Pawlok

Solar Aguiar by Werner Pawlok

Les photographes se consacrent à des sites libérés de leur destination première, sans cesse à la recherche d’une beauté morbide. Pour le duo, ces voyages dans le passé sont presque devenus routine. Anna et Roman Küffner recherchent des piscines, des théâtres et des cinémas abandonnés dans le monde entier. Ils ne sont pas les seuls à partager cette passion : on nomme urban exploration la visite et la découverte, majoritairement illégale, de sites inaccessibles. Anna et Roman Küffner ont développé leur propre courant au sein du mouvement. Ils s’en détachent non seulement par la démarche – tous deux ne visitent les Lost Places qu’avec l’autorisation des propriétaires –, mais par leur mise en œuvre également. Nombreuses sont les œuvres qui ont pour origine l’Europe, l’Allemagne, la République tchèque et la France le plus souvent : ces mondes en attente d’être découverts révélant soudain leur grande proximité aux yeux du visiteur, comptent parmi les moments forts de leur travail. Toutefois, l’on ne perçoit guère, au premier abord, que leurs photographies ont nécessité un immense travail de planification. «La recherche de motifs de ce genre est presque un travail de détective», affirme Roman Küffner.

Lost Places pose un regard fascinant et honnête sur le passé. Tels des aventuriers modernes, Anna et Roman Küffner découvrent à la beauté de nouvelles facettes dans le charme du délabrement.

Olympus has Fallen By Anna et Roman Küffner

The Final Curtain By Anna et Roman Küffner

Ballroom Baroque By Anna et Roman Küffner

Lost Kingdom By Anna et Roman Küffner

Rainbow Room By Anna et Roman Küffner

Visitez leur site web Black Bird Street, riche d’articles intéressants:

http://blackbirdstreet.com/earthquake-manor-ein-ort-voller-schoenheit-und-gefahren/

Autre source : Lumas Galerie


Afin d’avoir la vue d’ensemble la plus juste, cet article n’aurait pas été complet sans quelques clichés de Robert Polidori qui est l’un des photographes les plus plébicité dans le thème des habitations à l’abandon ou dévastés par les catastrophes naturelles. Avec une création méticuleusement détaillée,  les images de Polidori mettent dans un même cadre, images du passé et celles du présent. (Merci à Julie de m’avoir fait découvert cet artiste).

Né à Montréal en 1951, Robert Polidori déménage aux États-Unis à l’âge de dix ans où il réside toujours. De 1970 à1972 , il travaille comme assistant pour le cinéaste Jonas Mekas au “Anthology Film Archives”, réalisant plusieurs films d’avant-garde. L’influence de Mekas sera marquante et aidera Polidori à définir son approche unique à la photographie. En 1980, il obtient une maîtrise de l’université de l’état de New York à Buffalo où il s’est particulièrement intéressé à la photographie.

Rejetant la notion d’“instant decisif”, (Pour rappel, l’instant décisif est un concept inventé par Henri Cartier-Bresson, qui définit le moment exact où le photographe presse le déclencheur, et capture une image. En fait, c’est le moment exact où une image unique, et qui ne se reproduira jamais de la même manière, est capturée par le photographe), il joue plutôt sur la beauté et le calme d’un espace où cohabitent le passé et le présent. Du fait, son concept de chambres comme métaphores et vaisseaux de la mémoire y est évident.

Ses photographies d’intérieurs sont l’aboutissement d’une exposition prolongée en lumière naturelle. Une caméra, de longues heures à attendre la lumière parfaite et un contrôle soigneux des angles et prises de vue; voilà les clefs qui permettent de créer des images à la fois séduisantes et remarquables par la richesse de leur tonalité. Pour Polidori l’utilisation de la pellicule grand format produit une qualité d’image supérieure à celle de la photo numérique.

Robert Polidori fut également photographe pour le magazine “New Yorker” de 1998 à 2007. Il a remporté le “World Press Award” en 1998 et l’“Alfred Eisenstaedt Award” pour la photo de magazine en 1999 et en 2000. En 2009, Le Musée d’Art Contemporain de Montréal lui fait l’honneur d’une importante rétrospective. Il a publié onze livres et ses photos ont été acquises par le Metropolitain Museum of Art, le Museum of Modern Art de New York, le Victoria et Albert Museum de Londres et la Bibliothèque Nationale de Paris.

After The Flood By Robert Polidori

By Robert Polidori

By Robert Polidori

By Robert Polidori

By Robert Polidori


By Robert Polidori

By Robert Polidori

Robert Polidori – Senora Faxas Residence,

Sa carrière de photographe prend son envol au milieu des années 1980 lorsqu’il obtient l’autorisation de documenter la restauration historique du Château de Versailles, lieu qu’il a fréquenté à maintes reprises et avec lequel il entretient une histoire d’amour. Tout comme Marie qui aime tant les vieux châteaux chargés d’histoires où l’avenir de la France s’est joué à coup d’alliances, de complots, de révoltes:

Robert Polidori: Salle d’Introduction aux Galeries Historiques, Salle du XVII, Aile du Nord – RdC, Versailles, 1985.


Robert Polidori: Salle la Création de l’Académie de Peinture et de Sculpture, Salles du XVII, Aile du Nord – RdC, Versailles, 2007


Robert Polidori, Salles d’Afrique, Portrait of Louis XVI by Callet #2, Château de Versailles, 2007


Robert Polidori, Restauration du Château de Versailles, 2007

Robert Polidori, Galerie des glaces, (113) CCE.02.034, Corps Central – 1er étage, Versailles (R.P.Vers.240), 1983


Robert Polidori, Les Derniers Jours de Napoleon, Versailles, 2005


Robert Polidori, Galerie des Batailles, (148)ANR.02.002, Aile du Midi – 1er Etage, Versailles, 1985


Robert Polidori, La Galerie Basse No. 1, Château de Versailles, 1985


Robert Polidori, Vue of Parterre du Midi, #1, Versailles, 2007


Robert Polidori, Treat of Versailles


Robert Polidori, corps central, Château de Versailles, France, 1985


Robert Polidori, Versailles


ROBERT POLIDORI, MUSÉE DE MOULAGES GRANDES ÉCURIES – R.D.C. CHATEAU DE VERSAILLES


Robert Polidori, Versailles

  

 


http://www.robertpolidori.com

http://www.houkgallery.com/artists/robert-polidori/

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