Stephanie Kloss, California Dreaming…

Cette « World Fair » commence avec une pyramide – pas en Egypte, mais à Karlsruhe, en Allemagne. Les photographies de Stephanie Kloss capturent le mythe et l’utopie de l’architecture dans des endroits aussi divers que Athènes, Berlin, les États-Unis, ou encore le Japon. Dans Weltausstellung, l’anonymat visuel est l’événement principal, mais pas toute l’histoire.

Weltausstellung

Weltausstellung

L’objectif de Kloss s’attache à la similarité des formes architecturales modernistes, recherchant l’anonymat visuel. La photographe allemande révèle de secrètes histoires d’entreprises humaines, idéalistes ou traumatiques. Ici, une île paradisiaque des Canaries garde trace de l’établissement de la communauté d’Otto Muehl, et de ses délits envers les mineurs ; là, un réfectoire bâtit en lieu et place de kibboutz se donne à voir comme l’acte testamentaire d’une utopie politique. Le désert israélien ou le delta du Mississippi témoignent également des ravages infligés. Par la grâce d’un langage photographique commun, Weltausstellung alerte sur le péril de l’amnésie architecturale et écologique.

Stephanie Kloss

Stephanie Kloss

Stephanie Kloss

L’on identifie clairement, dans les œuvres de Stefanie Kloss, la fascination qu’elle développe pour l’art et l’architecture. En 1994, elle a entamé des études d’architecture à l’Université technique de Berlin avant de rapidement de spécialiser en art numérique à l’École supérieure des arts appliqués de Karlsruhe. Elle y a suivi les cours de Thomas Struth, Candida Höfer et Marie-Jo Lafontaire. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses expositions individuelles et collectives, au célèbre Martin-Gropius-Bau de Berlin notamment.

Stephanie Kloss

Stephanie Kloss

Stephanie Kloss

Personnellement, je suis tombé amoureux de sa dernière série de photographies qui me plonge dans le souvenir des films de Hooper.

California Dreaming nous invite à voyager à travers le temps, dans la Californie des années cinquante et soixante, à l’heure où le rêve américain connut son épanouissement. Ici, dans le Golden State, Hollywood, Beverly Hills et Palm Springs devinrent les centres de la vie sociale : des demeures généreusement conçues dans un design fonctionnel, de riches espaces de verdure, des piscines bleu turquoise, tels étaient les nouveaux symboles de la modernité. Les architectes Richard Neutra, John Lautner ou Albert Frey érigèrent pour l’élite californienne des résidences de rêve – de formidables édifices qui ont durablement empreint l’histoire de la construction. Le nouveau cycle de Stéphanie Kloss rend hommage à ces bâtisseurs du modernisme et nous emmène, en Californie du Sud, sur les traces de cette architecture d’après-guerre.

FRANK SINATRA RESIDENCE (E. Stewart Williams) 1

FRANK SINATRA RESIDENCE (E. Stewart Williams) 2

CASE STUDY HOUSE #10 (Kemper Nomland)

Dès le premier instant, ses œuvres paraissent étrangement familières. C’est que les bâtisses, en effet, ne nous sont pas inconnues : ainsi, par exemple, la Goldstein House de John Lautner, à Los Angeles, a servi de décor aux films The Big Lebowski et Charlie et ses drôles de dames, tout comme la résidence de Frank Sinatra, d’ailleurs, qui, d’innombrables fois, prêta son terrain pour le tournage de la série à succès Mad Men.

KAUFMANN HOUSE (Richard Neutra)

PALM SPRINGS CITY HALL (Albert Frey)

Golstein RESIDENCE 1

Les photographies aussi semblent provenir d’un film de cette époque. Telles des sculptures vivantes, nous leur découvrons cette même splendeur donnant vie à des formes architecturales épurées. Subtilement, elles nous attirent et nous font découvrir un monde qui, d’ordinaire, demeurerait inaccessible à nos yeux. C’est ce contraste captivant entre langage visuel et narrativité qui, précisément, détermine les ambiances particulières générées par la série California Dreaming.

Goldstein RESIDENCE 2

Mulholland Drive

More works on http://www.s-kloss.de

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