novembre 30

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Mulholland Drive by David Lynch: Silencio.

La Mulholland Road est une longue route sinueuse, bordée par les montagnes californiennes des environs de Los Angeles. D’Hollywood aux canyons de Bel Air, elle offre un panorama imprenable sur Beverly Hills ainsi que sur tous les studios mythiques du cinéma américain. David Lynch, en véritable amoureux de Mulholland, a confié que cette route dégageait quelque chose de mystique, quelque chose d’irréel, lorsque la nuit s’emparait de son asphalte…

 

Mulholland Road

 

Mulholland Road

 

A Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los Angeles. Aidée par celle-ci, Rita tente de retrouver la mémoire ainsi que son identité.

Mulholland Drive by David Lynch

 

Après Elephant Man, Dune, Sailor et Lula, Twin Peaks 0u encore Lost Highway, que j’avais vu jadis, j’ai regardé Mulholland Drive le week-end dernier, film réalisé par David Lynch en 2001.

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive nous mène aux portes du plus intense des plaisirs de spectateur : avec ce pincement, entre l’angoisse et la griserie, quand on mesure l’intensité du vertige au bord de l’abîme. Comme Hollywood, Mulholland drive opère donc par envoûtement maléfique. Bande son ensorceleuse, réalisation serpentine et caressante, lumières hypnotiques, corps de rêve, ses atours dégagent en superficie une sensualité exacerbée que l’on pressent pourtant vite être dangereuse.

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

 

Car Mulholland drive, qu’on le veuille ou non, est un film sans clés. On aura beau essayer d’en recoller les morceaux, d’en imbriquer les périodes et les situations, arrivera forcément le moment où deux pièces du puzzle ne coïncideront pas, ou mal. Le génie fourbe de Lynch atteint indubitablement des sommets avec cette oeuvre si ouverte qu’il y a de quoi en devenir fou. Des clés, des boîtes, des lampes et des téléphones, il y en a partout dans le film : mais rien n’éclaire, ne communique, n’ouvre sur une réponse quelconque. Mulholland drive est un voyage conscient et inconscient à la fois. Une exploration sous GHB d’un quartier aussi luxueux qu’inconfortable pour l’esprit. Le genre d’expérience qu’on aimerait mieux avoir rêvée avant de se rendre compte que c’est en partie la réalité.

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

Fiction. Mieux : où est le jour et où est la nuit ? D’accord, le soleil brille et le ciel est bleu dans Mulholland Drive, ou au contraire, il règne un noir d’encre. Mais chaque image est aussi complexe, aussi inventive, c’est-à-dire aussi fictive, qu’un tableau. La palette colorée de Lynch (ses bleus, ses jaunes, ses marron, ses glacis même) offre d’étranges réminiscences du baroquisme hermétique d’un Salvador Dali.

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

 

David Lynch continue d’expérimenter le cinéma comme espace du fantasme et du délire imaginaire. Il emmêle les récits et les personnages, jouant à loisir de ses comédiens, ici deux femmes sensuelles, la brune brûlante et la blonde diaphane. Un film sans fond pour se perdre avec délice. Un must.

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

L’idée du scénario de Mulholland Drive est venue à l’esprit de David Lynch alors qu’il était en plein tournage de la série Twin Peaks. Il s’est notamment inspiré d’un des personnages féminins de la série, celui d’Audrey Horne (Sherilyn Fenn), pour développer celui de Betty (Naomi Watts).

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

A l’époque où Mulholland Drive était prédestiné à ne devenir qu’un téléfilm, son réalisateur, David Lynch, fut confronté à un refus strict de la part de la chaîne ABC pour diffuser le futur projet. La raison de ce refus ? ABC pensait dur comme fer que Naomi Watts et Laura Elena Harring, respectivement âgées de 31 et 35 ans en 1999, étaient trop vieilles pour jouer les stars à la télévision.

Mulholland Drive by David Lynch

 

Mulholland Drive by David Lynch

Le dernier mot prononcé dans Mulholland Drive est « Silencio« , tout comme le dernier mot du Mépris de Jean-Luc Godard.

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