The Prestige

Londres, au début du siècle dernier…Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d’abord l’un à l’autre, mais l’émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s’efforcer de se détruire l’un l’autre en usant des plus noirs secrets de leur art. Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques…

The Prestige by Christopher Nolan

 

The Prestige by Christopher Nolan

 

« Christopher Nolan nous enchante à nouveau en nous offrant ce numéro habile et réjouissant servi par une interprétation brillante. Le tour est (bien) joué. Chapeau ! » (Sébastien Mauge)

 

The Prestige by Christopher Nolan


The Prestige by Christopher Nolan

 

The Prestige by Christopher Nolan


Nolan, terrible génie cinématographe, a une fois de plus révélé son talent. Après Memento, Insomnia ou encore le premier volet de la trilogie Batman, à savoir Batman Begins, Nolan se consacre ici à un film d’auteur. En effet, Le Prestige est l’adaptation du roman homonyme de Christopher Priest. Le romancier raconte dans son oeuvre, la rivalité entre deux magiciens, Alfred Borden et Robert Angier au début du 19 ème siècle. Il reçoit le prix World Fantasy Award en 1996 pour son roman.

The Prestige by Christopher Nolan

 

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S’il y a bien une expression à la fois galvaudée et vide de sens que l’on plaque en général sur des films tire-larmes ou remplis d’effets spéciaux, c’est assurément « la magie du cinéma ». Pourtant cette expression colle parfaitement au nouveau film de Christopher Nolan, cinéaste malin sans être prétentieux, elle en est même sa raison d’être. Le spectacle de magie a bien entendu beaucoup de points communs avec le cinéma mais au-delà de l’illusion et de la simple poudre aux yeux, Nolan nous offre en plus la mécanique et les coulisses sombres de l’art d’Houdini. Le plaisir et son mode d’emploi en somme.
Le titre, Le Prestige, renvoie dans le film au dernier acte d’un tour de magie. En effet, chaque tour de magie est composé de trois actes. Le premier acte « la promesse » présente au public une situation banale, le deuxième acte « le tour » la situation de départ devient extraordinaire, et le dernier acte « le prestige« , présente l’aspect le plus spectaculaire du tour. Michael Caine, qui interprète Cutter dans le film, explique: « c’est l’acte au cours duquel ont lieu rebondissements et coups de théatre, où des vies sont en jeu et où se produit un événement spectaculaire qui vous clouera sur place« .

The Prestige by Christopher Nolan

 

The Prestige by Christopher Nolan

 

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Car Le prestige est un véritable numéro. Suivant scrupuleusement les règles fondamentales d’un tour de magie, règles données dès le début au spectateur, Nolan explore ces recettes, les applique à la structure de son film et nous donne à voir, et à penser, l’art de la manipulation en mouvement. Cette façon de manier le suspense, de faire monter la tension et de distiller parcimonieusement le doute est admirable et s’apparente aux effets classiques des magiciens. Tel un funambule, le spectateur est placé sur le fil du récit et Nolan s’amuse à jouer avec son équilibre en le lâchant puis le récupérant de justesse avant qu’il ne tombe. Il le fait grâce à différents niveaux de narration s’entrecroisant de manière habile et donnant au fur et à mesure des réponses qui suscitent immédiatement de nouvelles interrogations. Le spectateur est donc bluffé, ou plutôt il se laisse bluffer par les détours du tour, conscient qu’il existe bien évidemment une supercherie à cette histoire abracadabrantesque. Comme en magie et comme l’avait très bien compris et explicité Bruno Podalydès dans son Mystère de la chambre jaune (autre film mêlant intrigue et magie), l’important n’est pas l’explication du numéro mais le numéro lui-même. Et celui du Prestige est indéniablement réussi.

 

The Prestige by Christopher Nolan

 

The Prestige by Christopher Nolan

 

The Prestige by Christopher Nolan

Il l’est notamment grâce à son apparat majestueux, à savoir une reconstitution magnifiquement lugubre de Londres à l’époque victorienne, et évidemment grâce aux magiciens, les acteurs eux-mêmes. Nolan retrouve Christian Bale et Michael Caine (déjà fils et père de substitution dans Batman begins), ce dernier compose un mentor « ingénieur » avec la classe époustouflante qu’on lui connaît, quant à l’impeccable Hugh Jackman, il retrouve également l’inévitable Scarlett Johansson après leur Scoop « magique ». Mais le tour de force du film, c’est qu’il sort de son chapeau David Bowie en personne. Ou plutôt David Jones (son vrai nom), tant l’artiste n’a jamais paru aussi vrai que nature. Pour preuve il fait réellement son âge (soixante ans) ! Même si on le savait déjà, on se rend ici vraiment compte à quel point Bowie a mis en scène toute sa vie. Cette façon de le désacraliser en le montrant petit et ridé est à la fois surprenante et touchante. Quant au clin d’œil concernant son rôle, il est carrément génial : sans révéler le secret, Bowie joue un inventeur d’une machine qu’il aurait pu utiliser durant toute sa carrière artistique…

 

The Prestige by Christopher Nolan

 

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Pour ce qui est du twist final, il n’est heureusement pas définitif et laisse encore planer quelques doutes que votre imaginaire comblera avec plaisir. Mais le « truc » peut néanmoins être découvert durant le film si, comme Nolan vous y invite, vous « regardez de plus près et au bon endroit »…

The Prestige by Christopher Nolan

 

The Prestige by Christopher Nolan

 

The Prestige by Christopher Nolan

Il existe un lien très fort entre le style du film et sa narration. Christopher Nolan commente :  » Grâce a de différents dispositifs de cadrage, nous avons fait en sorte que le spectateur puisse adopter divers point de vue  » Les éclairages de Wally Pfister ont aussi contribué à donner une dimension dynamique et moderne que recherchait Christopher Nolan. Le réalisateur et le directeur de photographie ont mis au point un style artisanal, privilégiant des mouvements d’appareils simples et réduisant l’optique au stricte minimum : « On a essayé , autant que possible de filmer les scènes caméra à l’épaule pour capter la beauté de l’instant (…) c’était beaucoup plus efficace et spontané. C’est une démarche originale et libératrice qui donne au film un style naturaliste et qui se distingue nettement de l’approche actuelle du film en costume« .

 

The Prestige by Christopher Nolan

 

 

Prestige se déroule à l’époque victorienne, une période très riche de découvertes technologiques et scientifiques. Pour donner vie à cette époque en pleine mutation, Christopher Nolan s’est plus attaché à créer une atmosphère dans son film, que de reconstituer en détails cette période. Le réalisateur commente:  » C’est donc notre vision du Londres victorien une vision très actuelle et immédiate,et qui à mon avis permet de mieux comprendre quel était le mode de vie à l’époque (…) Mais nous avons cherché à plonger directement au coeur de cet univers, et il était donc essentiel de mettre à profit les mouvements d’appareils et les décors pour que le spectateur y entre immédiatement « . L’éclairage du film a été directement inspiré des progrés technologiques de l’époque. Wally Pfister raconte :  » nous avons éclairé les scènes du début à la bougie et à la lampe à huile, puis nous avons introduit l’éléctricité de manière éclatante, et nous avons même éclairé certains lieux à la lampe éléctrique « .

 

The Prestige

 

The Prestige

 

The Prestige

 

C’est dans le rôle de Nikola Tesla qu’on découvre David Bowie, chanteur de rock britannique. Le personnage de Tesla a réellement existé. Inventeur passionné et homme de science, Tesla a immigré aux Etats Unis et s’est imposé comme un Léonard de Vinci contemporain. On lui doit notamment la découverte du champ magnétique rotatif indispensable pour tout dispositif utilisant le courant alternatif, ainsi que la bobine de Tesla, engin à induction qu’on emploie couramment en radio. La rumeur court que Tesla aurait inspiré Max Fleisher, savant fou de la BD de superman. Sa rivalité avec Thomas Edison, rappelle la rivalité qui existe entre Borden et Angier dans Le Prestige. Christopher Nolan a choisi David Bowie pour son extravagance. Le réalisateur s’est arrangé pour le rencontrer. Emma Thomas, la productrice explique : « Il convenait tellement bien au personnage qu’on n’aurait pu imaginer personne d’autre, et Christopher s’est débrouillé pour organiser un rendez-vous avec lui à New York, ce qui nous a stressé« .

 

The Prestige

 

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