décembre 18

Mots-clefs

Vintage Friday Photography

 

c❤️



O ciel ! je vous revois, madame, 

De tous les amours de mon âme

Vous le plus tendre et le premier.

Vous souvient-il de notre histoire ?

Moi, j’en ai gardé la mémoire : 

C’était, je crois, l’été dernier.
Ah ! marquise, quand on y pense,

Ce temps qu’en folie on dépense,

Comme il nous échappe et nous fuit !

Sais-tu bien, ma vieille maîtresse,

Qu’à l’hiver, sans qu’il y paraisse,

J’aurai vingt ans, et toi dix-huit ?
Eh bien ! m’amour, sans flatterie,

Si ma rose est un peu pâlie,

Elle a conservé sa beauté.

Enfant ! jamais tête espagnole

Ne fut si belle, ni si folle. 

Te souviens-tu de cet été ?
De nos soirs, de notre querelle ?

Tu me donnas, je me rappelle,

Ton collier d’or pour m’apaiser,

Et pendant trois nuits, que je meure,

Je m’éveillai tous les quarts d’heure,

Pour le voir et pour le baiser.
Et ta duègne, ô duègne damnée !

Et la diabolique journée

Où tu pensas faire mourir,

O ma perle d’Andalousie,

Ton vieux mari de jalousie,

Et ton jeune amant de plaisir !
Ah ! prenez-y garde, marquise,

Cet amour-là, quoi qu’on en dise,

Se retrouvera quelque jour.

Quand un coeur vous a contenue,

Juana, la place est devenue

Trop vaste pour un autre amour.
Mais que dis-je ? ainsi va le monde.

Comment lutterais-je avec l’onde

Dont les flots ne reculent pas ?

Ferme tes yeux, tes bras, ton âme ;

Adieu, ma vie, adieu, madame,

Ainsi va le monde ici-bas.
Le temps emporte sur son aile

Et le printemps et l’hirondelle,

Et la vie et les jours perdus ;

Tout s’en va comme la fumée,

L’espérance et la renommée,

Et moi qui vous ai tant aimée,

Et toi qui ne t’en souviens plus !

 

Steve Fitch, « Capri Motel », Raton, New Mexico, 1980


Serie Lucus

 

Featured Artwork of the Day: Nicolò Amati (Italian, 1596–1684) | Violin | 1669

 

you know why i love you C.

 

City of Angels St. Isaac’s Cathedral

 

So Romantic

 

‘Pulp Fiction’ (1994) Directed by Quentin Tarantino. Best Line: every single line in the movie!

 

Mary Elizabeth Winstead in « Death Proof » ( Quentin Tarantino ) 2007.

 

Mary Poppins – practically perfect in every way.

 

Anne wiazemsky in Teorema (1968)

 

Anne wiazemsky in Teorema (1968)

 

Tokyo Story Yasujirô Ozu 1953

 

Marguerite Duras, 1930

 

Andre Breton by Man Ray

 

Monsieur Verdoux (1947) d. Charles Chaplin

 

Tristana (1970) d. Luis Buñuel

 

« Thus, then, have I evolved for myself the ‘free spirits’ to whom this discouraging-encouraging work, under the general title ‘Human, All Too Human’, is dedicated. Such ‘free spirits’ do not really exist and never did exist. But I stood in need of them, as I have pointed out, in order that some good might be mixed with my evils (illness, loneliness, strangeness, acedia, incapacity): to serve as gay spirits and comrades, with whom one may talk and laugh when one is disposed to talk and laugh, and whom one may send to the devil when they grow wearisome. They are some compensation for the lack of friends. That such free spirits can possibly exist, that our Europe will yet number among her sons of tomorrow or of the day after tomorrow, such a brilliant and enthusiastic company, alive and palpable and not merely, as in my case, fantasms and imaginary shades, I, myself, can by no means doubt. I see them already coming, slowly, slowly. May it not be that I am doing a little something to expedite their coming when I describe in advance the influences under which I see them evolving and the ways along which they travel? » — « Human, all too human, » by Friedrich Nietzsche

 

« Walking with a Cat in Paris »

 

 

« The brain appears to possess a special area which we might call poetic memory and which records everything that charms or touches us, that makes our lives beautiful. I have said before that metaphors are dangerous. Love begins with a metaphor. Which is to say, love begins at the point when a woman enters her first word into our poetic memory. » — Milan Kundera, The Unbearable Lightness of Being

 

Patti Smith & Robert Mapplethorpe, Coney Island, c. 1969

 

Lee Miller by Man Ray, 1930

 

Cy Twombly and Robert Rauschenberg, Venice, 1952

 

Robert Doisneau, « Cinéma Paramount », Paris, 1972

 

Romy Schneider in Ludwig directed by Luchino Visconti, 1972

 

Joan Miró by Jan Brzekowski, 1935

 

Yale Joel, « 80 Carat Uncut Diamond, Unusual Christmas Gift Suggestion at Tiffany’s », 1969

 

Peter Keetman, « Self-Portrait with Camera », c. 1950

 

Catherine Deneuve in « Liza » directed by Marco Ferreri, 1972

 

Abbas, « Inside a fashionable coffee house », Tehran, 2001

 

Andy Warhol, Henry Geldzahler, David Hockney & David Goodman by Dennis Hooper, 1963

 

Meryl Streep on the set of « Sophie’s Choice » directed by Alan J. Pakula, 1982

 

Dale Strong by Lisa Larsen, 1952

 

Fred Astaire by Bob Landry, 1941

 

Le Commencement du Monde by Constantin Brancusi, 1920

 

Iconic Lauren Bacall, 1940′

 

Julia Fullerton-Batten, « Fish », from series « Korea »,

 

Coming up in Harlem by Gordon Parks, 1943

 

Robert Doisneau, « The Centaur fight », 1971

 

Cet amour

Si violent

Si fragile

Si tendre

Si désespéré

Cet amour

Beau comme le jour

Et mauvais comme le temps

Quand le temps est mauvais

Cet amour si vrai

Cet amour si beau

Si heureux

Si joyeux

Et si dérisoire

Tremblant de peur comme un enfant dans le noir

Et si sûr de lui

Comme un homme tranquille au milieu de la nuit

Cet amour qui faisait peur aux autres

Qui les faisait parler

Qui les faisait blêmir

Cet amour guetté

Parce que nous le guettions

Traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Cet amour tout entier

Si vivant encore

Et tout ensoleillé

C’est le tien

C’est le mien

Celui qui a été

Cette chose toujours nouvelle

Et qui n’a pas changé

Aussi vrai qu’une plante

Aussi tremblante qu’un oiseau

Aussi chaude aussi vivant que l’été

Nous pouvons tous les deux

Aller et revenir

Nous pouvons oublier

Et puis nous rendormir

Nous réveiller souffrir vieillir

Nous endormir encore

Rêver à la mort,

Nous éveiller sourire et rire

Et rajeunir

Notre amour reste là

Têtu comme une bourrique

Vivant comme le désir

Cruel comme la mémoire

Bête comme les regrets

Tendre comme le souvenir

Froid comme le marbre

Beau comme le jour

Fragile comme un enfant

Il nous regarde en souriant

Et il nous parle sans rien dire

Et moi je l’écoute en tremblant

Et je crie

Je crie pour toi

Je crie pour moi

Je te supplie

Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment

Et qui se sont aimés

Oui je lui crie

Pour toi pour moi et pour tous les autres

Que je ne connais pas

Reste là

Lá où tu es

Lá où tu étais autrefois

Reste là

Ne bouge pas

Ne t’en va pas

Nous qui nous sommes aimés

Nous t’avons oublié

Toi ne nous oublie pas

Nous n’avions que toi sur la terre

Ne nous laisse pas devenir froids

Beaucoup plus loin toujours

Et n’importe où

Donne-nous signe de vie

Beaucoup plus tard au coin d’un bois

Dans la forêt de la mémoire

Surgis soudain

Tends-nous la main

Et sauve-nous.

(Extrait de Jacques Prévert, Paroles, Paris, Gallimard, 1946)


 

René Magritte by Lothar Wolleh, 1965

  

Stunning page on Marguerite Duras, 1930

 

Bill Murray & Scarlett Johansson in « Lost in Translation » directed by Sofia Coppola, 2003

 

Léa Seydoux and and Adèle Exarchopoulos in La vie d’Adèle directed by Abdellatif Kechiche, 2013

 

 

Publicités