janvier 29

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Nicolas de Staël, Baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein.

Éperdument amoureux d’une femme latine, qui restera certainement mon unique amour, je me retrouve malheureusement dans le peintre disparu Nicolas de Staël et tout comme lui, je crois à l’accident, je ne peux avancer que d’accident en accident, dés que je sens une logique trop logique cela m’énerve et vais naturellement à l’illogisme. Et c’est en partie cet illogisme qui effraye grand nombre de personnes, illogisme qui soit me rapprochera ou m’éloignera de la seule personne que je n’ai jamais aimé.

 

Nicolas de Staël,

 

Nicolas de Staël,

 

Nicolas de Staël, à l’état civil, Baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein, est un peintre français d’origine russe est né à Saint-Pétersbourg en 1914. Au décès de ses parents en 1922, il est recueilli par un couple de russes installés à Bruxelles. Il suivra dans cette ville les cours de l’Académie de Bruxelles et de Saint Gilles. Il s’installe à Paris, dans les années 1930 et voyage en Europe et au Maroc. Il y rencontre la peintre Jeannine Guillou (Janine Teslar), sa compagne jusqu’à sa mort en 1946, dont il ne remettra jamais. Il rejoint, au début de la guerre la Légion Etrangère. Il est démobilisé en 1941 et vit à Nice. Il se lie à Alberto Magnelli – Jean Arp – Sonia Delaunay et Robert Delaunay qui lui inspirent ses premières œuvres abstraites. Par la suite, il rencontre Georges Braque .Il faut chercher ses influences chez Paul CézanneHenri Matisse – Pablo Picasso – Fernand Léger – Chaim Soutine mais aussi Rembrandt Van Rijn – Jan Vermeer – Hercules Seghers.
« Après avoir essayé de peindre un an dans ce merveilleux Maroc, et n’en étant pas sorti couvert de lauriers, je puis approcher, voir, copier Titien, Le Greco, les beaux Primitifs, le dernier des Giovanni Bellini, Andrea Mantegna, Antonello de Messine, tous, et si parfois ces toiles ne sont pas aussi près de mon cœur que les vieux Flamands, les Hollandais, Vermeer, Rembrandt, j’y apprends toujours énormément et n’espère qu’une seule chose, c’est de pouvoir les étudier aussi longtemps que possible. » (Nicolas de Staël).

Nicolas de Staël,

 

Nicolas de Staël,

 

Nicolas de Staël réalise au cours d’une carrière fulgu- rante, entre 1942 et 1955, l’une des productions artis- tiques les plus libres et reconnues de l’après-guerre. Après une période abstraite, il évolue, au moment du triomphe des abstractions, vers une peinture qui renoue avec le réel, la nature et le paysage, dépassant l’opposition apparente entre abstraction et guration.

 

Nicolas de Staël,

 

Nicolas de Staël,

 

Au terme de l’année 1951, où la réalisation de bois gravés pour Poèmes – le livre qu’il réalise avec René Char – accompagne une nouvelle conception de l’espace pictural, sa peinture s’ouvre pleinement aux lumières d’Ile-de-France, de Normandie, du Midi de la France ou de la Sicile. Entre le début de l’année 1952 et mars 1955, le paysage représente un peu plus de la moitié de l’ensemble des peintures réalisées par l’artiste, dont une majorité de marines.

Nicolas de Staël,

 

Le paysage, pour Staël, ce n’est pas le pittoresque ou la description fidèle d’un site, mais avant tout la lumière et l’espace, les éléments. Il réalise des études peintes sur le motif, dessine également, à l’encre ou au feutre, à l’occasion de ses voyages, puis reprend les thèmes à l’atelier, dans un renouvellement formel continu, évoluant de peintures à la matière épaisse à des uidités presque transparentes.

 

Nicolas de Staël,

 

Gentilly, Mantes-la-Jolie, Hon eur, Villerville, Dieppe, Calais, Dunkerque, ou Gravelines au Nord ; Le Lavandou, Lagnes, Ménerbes, Marseille, Uzès, Antibes, ou la Sicile au Sud sont ces lieux de choix et de circonstances traversés par la vision de ce «nomade de la lumière» qui écrivait dès 1949 : «L’espace pictural est un mur, mais tous les oiseaux du monde y volent librement. À toutes profondeurs».

 

Nicolas de Staël,

 

«Merci de m’avoir écarté du gang de l’abstraction avant» dit Nicolas de Staël, en 1950, à Bernard Dorival, conservateur du Musée National d’Art Moderne. Il détournait ainsi l’actualité du «gang des tractions avant» pour annoncer qu’il considérait la peinture de Pierre Soulages et de Georges Matthieu comme «nulle et non avenue» selon Laurent Greilsamer, l’un de ses biographes. Nicolas de Staël a inventé une voie entre l’abstraction et la figuration.

Nicolas de Staël,

Il faut lire aussi le magnifique livre de sa fille, Anne de Staël, où les mots inspirés par les souvenirs, accompagnent amoureusement cette peinture.

« Le moment où un peintre fait ce qu’il n’a pas voulu, dans la rapidité. Ce qu’il surprend fait partie d’un désir d’absolu qu’aucune volonté ne vient déranger. »

 

Nicolas de Staël


« Le tableau ayant tout pris, pendant combien de temps le peintre pourrait-il recréer des mondes ? Pas à l’infini, d’où la mesure dans la démesure. Ici nous sommes devant un exemple de la fronde de la contradiction. Une oeuvre peut-elle brûler le temps par sa densité ? »

Anne de Staël « Staël, du trait à la couleur » Imprimerie nationale Editions 2001

 

Nicolas de Staël

 

Il veut retrouver la lumière du Midi, il s’installe à Antibes, à l’automne 1954, dans un atelier dont les fenêtres, grand ouvertes donnent sur la mer et sur le vide grandiose et terrible. Il est rongé par l’angoisse, lutte pour faire évoluer son travail, aller jusqu’au bout de la peinture, entre déchirements et tendresse. En six mois, il réalise, plus de trois cents toiles ; des natures mortes, des paysages, des scènes sur le port, un bateau, un vol de mouettes, des objets, une carafe sur une étagère… La lumière le fascine et l’exaspère, le désespère : « La lumière là, dans mon trou est agaçante comme une balle de ping-pong, je me bats toute la journée pour trouver l’endroit propre » (Lettre à Herta Hausmann). Fin décembre 1954, à son galeriste d’Antibes, Jacques Dubourg, il exprime cette expérience physique, émotionnelle, vitale de la peinture – cruelle et consolatrice – et ses accents dramatiques : «Je n’arrive pas à tenir, et même les toiles de trois mètres que j’entame et sur lesquelles je mets quelques touches par jour, en y réfléchissant, finissent toujours au vertige».


 

Nicolas de Staël

 

Nicolas de Staël

 

« Je n’ai plus la force de parachever mes tableaux », écrit-il, en ultime aveu.

 

Nicolas de Staël

 

Nicolas de Staël

 

Son suicide ; à Antibes, achèvera, le 16 mars 1955, son parcours.

 

Nicolas de Staël

 

Toute l’œuvre de Nicolas de Staël se sera développée en un temps très court d’une douzaine d’années. À partir de 1940 ; il aura peint près d’un millier d’œuvres : « Toute ma vie, j’ai eu besoin de penser peinture, de voir des tableaux, de faire de la peinture pour m’aider à vivre, pour me libérer de mes impressions, de toutes les sensations, de toutes les inquiétudes auxquelles je n’ai trouvé d’autre issue que la peinture. »

 

Nicolas de Staël


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