Melvin Sokolsky and his Bubbles.

Melvin Sokolsky débute sa carrière chez Harper’s Bazaar en 1959 à l’âge de 21 ans, recruté par Henry Wolf. Ce directeur artistique prolifique possède une vision moderne qui le pousse à innover et à repenser entièrement l’esthétique proposée par les magazines en s’entourant notamment d’une jeune équipe pleine d’idées et d’audace.


  
  
  
  

Avec ses compositions surréalistes – ses fameux mannequins lévitant sur la Seine –, il a révolutionné la photographie de mode dans les années 60. A 75 ans, toujours aussi vif, inventif et taquin, il aborde sans complexe l’ère du numérique.

  
  

Pionnier de l’illusion dans la photo de mode, bien avant l’ère de la retouche numérique, Melvin Sokolsky a révolutionné l’esthétique sur papier glacé. L’âge d’or des magazines américains, de 1955 à 1970, permet à toute une génération de photographes d’imposer une vision totalement neuve. Les périodiques deviennent une plateforme d’expression personnelle avant que les impératifs commerciaux ne prennent le dessus sur la créativité. Melvin Sokolsky est au centre de cet héritage précieux, aujourd’hui célébré par nos contemporains. Ses photos étonnantes, pleine d’une inventivité sans limite allient une technique pointue, raffinée au service d’un flux d’idées audacieuses. Il est l’un des premiers à saisir le pouvoir de l’image et à transcender le concept spatial.


  
  
 Le travail de Melvin Sokolsky est particulièrement influencé par l’art : les surréalistes Paul Delvaux, Salvador Dali, Francis Picabia mais également Diego Vélasquez et ses intérieurs, les maîtres flamands Jan Van Eyck, Rogier Van der Weyden, Jérôme Bosch et Pieter Brueghel. Comme dans la peinture de Balthus, il s’intéresse au mouvement du corps sous les vêtements, à la femme devant l’objectif plutôt qu’aux chiffons.


  
  

La série Women in Bubble réalisée lors des collections printemps à Paris en 1963 pour Harper’s Bazaar est l’une de ses plus célèbres réalisation. Connaissant ces photos sans en connaître l’histoire, je me suis donc lancée dans des recherches qui ont menées à ce billet. Tribut plein d’humour à la fantaisie de la mode parisienne, ces clichés sont emblématiques de l’évolution de la photographie, cette nouvelle vision que Melvin Sokolsky a su imposer avec talent.

  
  
  
  
  

L’inspiration lui vient du souvenir d’un tableau de Jérôme Bosch, Le jardin des délices, dans lequel on peut observer des personnages dans des bulles transparentes. Il ne reste plus qu’à trouver les astuces pour que la magie opère. Melvin se rend à Long Island pour faire fabriquer les bulles en plexiglas par des ingénieurs en aéronautique, des sphères de plastique jointes en laissant suffisamment d’espace entre les deux parties pour pouvoir laisser passer l’air. Le système de charnières, s’inspire des œufs de Fabergé avec des articulations situées sur le haut de la bulle afin de permettre un accès facile au mannequin. Les bulles sont suspendues à une grue par des câbles d’aéronef de 8 pouces, câbles dont il fait disparaître la trace en grattant le négatif de la pellicule créant l’illusion parfaite.


  
  

More Works on:

http://www.sokolsky.com

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