Big Eyes

Le dernier Tim Burton est tiré d’une histoire vraie, celle d’une incroyable imposture : Walter Keane signait de son nom les toiles de sa femme, peintre talentueuse.

 

BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.


Plus que la vanité, c’est cet obstacle et le fait qu’il veille en personne les tableaux sur les cimaises de fortune où il parvient à les accrocher (principalement le couloir des toilettes d’un fameux café-théâtre) qui conduisent Walter à sauter à pieds joints dans le mensonge. Les noceurs ont beau être surpris que ce gaillard viril soit l’auteur de telles peintures sentimentalistes, son bagou et son charme font la blague.


La complaisance d’un journaliste local qui lui sert de rabatteur auprès des people hollywoodiens (Joan Crawford, Natalie Wood, Jerry Lewis, Kim Novak…) aide à la naissance du buzz. Les mômes tristes de Margaret s’arrachent : l’argent coule à flots et le couple – marié depuis 1955 – déménage dans une luxueuse villa.


Cette division du travail satisfait la timide artiste jusqu’au jour de 1957 où elle découvre en direct que son rusé mari prétend être l’auteur de « ses » enfants. Aux clients, il sert la salade d’une inspiration née dans une Europe en ruine dont les orphelins l’ont traumatisé…


Le choc est terrible : pourquoi alors être restée, prisonnière de l’atelier aux rideaux tirés où Walter la séquestre tandis qu’il crâne en public ou festoie autour de la piscine avec le gratin californien dans le plus pur style Boogie nights ?


Les époux Keane ont dû peindre durant le procès. Dans la vraie histoire, comme dans le film, l’affaire est allée jusqu’au procès, en 1986. Comme à l’écran, c’est en peignant les fameux enfants aux grands yeux devant le juge que Margaret Keane a pu prouver ses dires. Elle a réalisé, devant les jurés, un tableau en 53 minutes. Son mari imposteur a, quant à lui, prétexté une douleur à l’épaule pour échapper à l’exercice.


Le déni, jusqu’au bout. Après leur divorce en 1965, Margaret Keane, installée à Hawaï avec sa fille, s’est remariée et a surtout enfin pu signer ses toiles de son propre nom. Son ex-mari a continué à affirmer qu’il était l’auteur des toiles jusqu’à sa mort, en 2000.


Big Eyes n’est « que » le deuxième biopic dans la longue et variée carrière de Tim Burton. Cela faisait 20 ans que le réalisateur n’avait fait un film tiré d’une histoire vraie. En effet, en 1994 sortait Ed Wood, l’histoire de ce réalisateur présenté comme le plus mauvais de son vivant et aujourd’hui vénéré par certains amateurs du genre. Pour Big Eyes, Tim Burton retrouve d’ailleurs les scénaristes Scott Alexander et Larry Karaszewski, qui avaient écrit Ed Wood et qui sont de véritables passionnés de biopic. Ils sont par ailleurs, à l’origine du scénario de Man on the Moon retraçant le parcours d’Andy Kaufman, mais aussi du film Larry Flynt, ainsi que du long-métrage Auto Focus basé sur la vie de Bob Crane.


A bien y regarder, il est évident que Tim Burton a été influencé par le travail de Margaret Keane et ses « grands yeux« . Le réalisateur possède d’ailleurs une belle collection des œuvres de l’artiste peintre. Déjà en 1994, Burton se cachait derrière le scénario De L’étrange Noël de M. Jack, puis en 2005 il réalisa Les Noces funèbres ou encore Charlie et la chocolaterie… Autant de personnages du réalisateur affublés d’yeux disproportionnés.

La véritable peintre Magaret Keane fait une apparition dans Big Eyes. Nous pouvons l’apercevoir en pleine lecture de la Bible sur un banc, au moment du tournage de la scène du Palace of Fine Arts. Tim Burton, en homme bienveillant, lui a donné cette Bible au moment de tourner la scène car il savait que cela allait la détendre. Elle ajoute : « J’incarne une vieille dame qui profite du beau temps, assise sur un banc. C’est très touchant. Sur le tournage, Tim est venu me voir et m’a remis une petite Bible, je me suis alors dit : « Qu’est-ce qu’il est prévenant ! Il sait combien j’aime la Bible et il m’en donne une pour que je puisse la lire pendant la prise. » Je n’oublierai jamais cette journée. »

 

Big Eyes réunit à lui seul, près de 300 tableaux. Pour les plans plus éloignés, les tableaux de Margaret Keane ont été réimprimés sur toile et pour les gros plans, de la peinture a été rajoutée sur les toiles imprimées pour que l’on puisse apercevoir les coups de pinceaux. La peintre Lisa Godwin se chargeant de reproduire les oeuvres a seulement obtenu deux mois pour boucler son travail. Celle-ci a parfois été obligée d’effectuer 10 versions d’un seul tableau, pour que l’on voit l’évolution du travail pictural. De plus, certaines toiles ne pouvaient apparaître à l’écran car elles ont été achetées et l’équipe n’a pas pu obtenir le droit de les diffuser. (Source Allo Ciné)

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