février 24

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Deborah Turbeville, The Bathhouse.

Deborah Lou Turbeville est une photographe américaine, née le 6 juillet 1932 à Stoneham, Massachusetts, et morte le 24 octobre 2013 à Manhattan. Ses photographies caractérisées par des compositions étranges et hors du temps et le grain de ses images et réalisées dans le cadre de ses collaborations avec des magazines de mode comme Vogue et des campagnes publicitaires pour des marques telles que Valentino ont participé du renouveau dans la photographie de mode.

Deborah Turbeville

 

Selon Deborah Turbeville elle-même, son enfance a inspiré profondément son œuvre : « Je suis comme un enfant, je dois gérer ça vingt-quatre heures sur vingt-quatre ». Cette enfance, Deborah Turbeville, née dans une famille aisée de Nouvelle Angleterre, l’a passée au sein protecteur d’une famille qui se voulait distinguée et isolée, mais souffre paradoxalement de cet isolement.

 

Deborah Turbeville

Lors de ses études, Turbeville fit beaucoup de danse de ballet, de danse moderne et de théâtre, et elle dansait et jouait chaque année dans de petits théâtres locaux. Ce qui la passionnait, c’était avant tout la chorégraphie, les costumes, la mise en scène. Elle était aussi férue de littérature et se plongea très jeune dans Dostoïevski. En tout cela, elle partageait les goûts cultivés de sa mère. Celle-ci adorait les vêtements et d’après Turbeville, « si elle avait été une femme émancipée, elle aurait sans doute travaillé dans un magazine». Le monde de la mode était alors la chasse gardée de l’élite cultivée de New York, et à l’âge de dix-neuf ans, en 1957, Deborah Turbeville partit pour la capitale avec le projet de travailler dans ce domaine et peut-être faire du théâtre, comme elle en avait été convaincue après plusieurs étés de stage de théâtre à la Junior Playhouse d’Ogunquit.

 

Deborah Turbeville

 

Elle travaille d’abord trois ans comme assistante et modèle de Claire McCardell, créatrice de mode emblématique de l’American Look. Cette expérience lui permit de connaître sur le bout des doigts les tissus, les couleurs, les formes, mais aussi de rencontrer Diana Vreeland, rédactrice en chef du Harper’s Bazaar puis de Vogue et enfin directrice du Costume Intitute au Metropolitan Museum of Art. Vreeland lui conseilla de « s’imbiber au maximum du génie de McCardell ». Vreeland l’invita aussi au Harper’s Bazaar et c’est ainsi qu’en 1963, à l’âge de vingt-cinq ans, se mit à travailler pour le rédacteur de mode de Harper’s Bazaar, Marvin Israel.

Deborah Turbeville

 

Elle rencontra alors les photographes de son équipe, Diane Arbus, Hiro et surtout Richard Avedon. Elle travaille aussi dans la rédaction de Mademoiselle, département des accessoires, ainsi qu’au Ladies’ Home Journal. On reconnut assez vite qu’en tant que rédactrice, elle avait un style très particulier, une vision originale. Et en effet elle voulut aller plus loin.

Deborah Turbeville

Deborah Turbeville commença par s’acheter un appareil photo Pentax pourvu d’une lentille Zeiss, et prenait alors des photos lors de ses retours à la maison dans le Maine. Mais tout commença vraiment en 1966, quand elle réussit à faire accepter au gouvernement yougoslave qu’il subventionnerait un voyage à travers le pays pour réaliser un reportage photo pour un magazine. C’est à la fois comme directrice artistique et comme photographe que Turbeville se mit à prendre en photo la réaction des habitants yougoslaves à la vue du mannequin en mini-jupe. Mais le magazine pour lequel elle travaillait alors ferma très peu de temps après, et Deborah Turbeville rentra à New York, avec ces clichés très flous et pleins de couleur.

 

Deborah Turbeville

 

Elle se rendit auprès de Richard Avedon pour avoir son avis dessus. Il donnait alors avec Marvin Israel un séminaire de photographie. Quand il les vit, Richard Avedon en fit sa protégée et déclara qu’elle était « l’évènement dans le monde de la photo », et décida de lui apprendre sa technique. Elle commença par publier ses photos dans des revues d’avant-garde notamment le magazine Zoom. C’est là qu’elle publie un série de mode inspiré des ballets de Diaghilev, et intitulé A Touch Of Ballet Class. En 1972 elle travaille pour le magazine Nova, ainsi que plus tard le français Depeche Mode à Paris.

Deborah Turbeville

Mais surtout, elle fait une série pour le Vogue américain de mai 1975 : les modèles en bikinis sont photographiés dans les bains publics de New York. Ces images sont, pour Alexander Liberman, ardent défenseur du porno chic et tout puissant directeur éditorial de Condé Nast, « les plus révolutionnaires du moment ». Elle même précise que « quand nous avons fait le premier tirage, j’ai su que les photos étaient spectaculaires ». Cette série de dix pages surnommée The Bathhouse la rend célèbre : les images à connotation lesbienne font scandale, certains États américains allant jusqu’à interdire la vente du magazine ; dans l’une d’elle, un mannequin semble se masturber.

 

Deborah Turbeville, Bathhouse series for Vogue, 1975

 

Deborah Turbeville, Nova, 1973

 

 

Deborah Turbeville, Ungaro, Vogue, 1984

 

Deborah Turbeville, Bathhouse series for Vogue, 1975

 

 

Deborah Turbeville, Pigalle, 1982

 

Deborah Turbeville, Women in Furs, Vogue Italy, 1984

 

 

Deborah Turbeville, Stables of Strelna, Vogue Russia, 2000

 

Deborah Turbeville, Valentino, 1977

 

 

Deborah Turbeville, Romeo Gigli, Mirabella, 1989

 

Deborah Turbeville

 

 

Deborah Turbeville, Parco, 1964

 

Deborah Turbeville, Valentino, 2012

 

 

Deborah Turbeville, Parco, 1964

 

Deborah Turbeville Cantor Theater for W Magazine, 1997

 

 

Deborah Turbeville, Women in the Woods series, Vogue Italy, 1977

 

Deborah Turbeville, Charles Jourdan, 1974

 

 

Deborah Turbeville, Rosima in Comme des Garçons, 1985

 

Deborah Turbeville, Unseen Versailles, 1981

 

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