Hunter Stockton Thompson: From « Gonzo Journalism » to Hell’s Angels…

Hunter Stockton Thompson, serait né le 18 juillet 1937 à Louisville (Kentucky) (date officielle, mais des sources indiquent 1939 du fait qu’Hunter aurait menti sur son âge pour pouvoir rentrer plus tôt dans une rédaction) et mort par suicide le 20 février 2005 à Aspen (Colorado), est un journaliste et écrivain américain.

 

Hunter S. Thompson popularise le principe de « journalisme gonzo », inventé par Bill Cardose, enquête journalistique axée sur l’ultra-subjectivité, faite de récits à la première personne, de rencontres, et de prise de drogues, tout cela combiné à une plume féroce et à un fort engagement politique. Il est ami avec Oscar Zeta Acosta, et leur relation inspirera la rédaction de Las Vegas Parano, récit déjanté d’une quête du rêve américain à travers le filtre de la prise de substances hallucinogènes.

Hunter S. Thompson, Sandy & Agar, Big Sur, c.1960s

 

Hunter S. Thompson, Self Portrait, Typing, Big Sur, 1961

 

Hunter S. Thompson, Hell’s Angels, Traffic Stop, 1960s

 

Thompson devient correspondant de presse du New York Herald Tribune et de quelques éditions Antillaises anglophones dirigées par Kennedy, devenu son ami. C’est principalement à cette époque qu’il a expérimenté le journalisme de terrain qu’il nommera plus tard Journalisme gonzo. Après s’être attiré des ennuis, les Portoricains voulant le jeter en prison, il fuit avec Sandra Dawn Conklin, sa liaison de l’époque, le 25 mars 1960, vers l’Espagne où il passera quelques mois avec ses amis Eugene et Eleanor McCarr.


  

Après la publication de l’article le 17 mai 1965, Thompson reçoit plusieurs offres de publication, et passe l’année suivante au sein de la communauté des Hell’s Angels. La relation prend fin lorsque certains bikers le soupçonnent de vouloir faire de l’argent sur leur dos. Le gang exige alors sa part et passe l’écrivain à tabac. Il qualifiera ce différend avec les Hells Angels de « querelle éthylique spontanée ».


  
  

Thompson publie des articles dans un grand nombre de journaux reconnus, notamment le The New York Times Magazine, Esquire, Pageant, etc. Dans le Times magazine du 14 mai 1967, peu avant le Summer of Love, il publie un article sur le mouvement hippie, The Hashbury is the Capital of the Hippies, le décrivant comme largement dominé par des « nouveaux-venus » dont le seul but est de se procurer de la drogue, et dénué selon lui de courage politique et de profondeur artistique, contrairement à la New Left et à la Beat generation. Il approfondira l’observation de la contreculture dans Fear and Loathing in Las Vegas et dans d’autres articles.


  

Il fait preuve de panache, comme dans cette lettre de mai 1975 qu’il envoie au colonel viêt-minh Vo Don Giang, où il retrouve un peu de sa superbe, voyez plutôt :
Je suis le responsable de la rubrique des Affaires nationales de Rolling Stone, magazine de San Francisco, avec des bureaux à New York, Washington et Londres, qui est actuellement l’une des voix journalistiques les plus influentes d’Amérique – en particulier parmi les jeunes et les survivants, de gauche certes, du mouvement antiguerre des années 60. Sans être spécialement bon dactylographe, je suis l’un des meilleurs auteurs utilisant actuellement la langue anglaise, à la fois comme instrument de musique et comme arme politique… et si vous en aviez la possibilité dans un avenir proche, je serais très honoré de bénéficier d’une rencontre privée avec vous et de discuter, pendant une heure environ, de vos pensées personnelles au moment présent.


Sauf que Thompson, au moment où il écrit, n’est plus véritablement membre du staff de Rolling Stone (Wenner finira par le réintégrer pour services rendus). Il n’a plus le support qui transcendait son écriture, et son écriture, au moins dans sa tête, ne se suffit pas véritablement à elle-même. Voilà ce que H.S.T. envie aux écrivains : ce pouvoir de dire, une fois le rouleau épuisé, “c’est de la littérature”. Thompson, lui, a simplement l’impression d’avoir chié un truc de plus, qui l’emmène on ne sait trop où – ras-le-bol du gonzo, parfois. Il en souffre, et Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain en est l’indéniable témoignage. C’en est parfois assez bouleversant.


  

Thompson est aujourd’hui un héros, un modèle pour beaucoup de journalistes, et même pour certains écrivains. Mais il n’aura jamais écrit le “grand roman américain”. C’est grave, docteur ? Pas tant que ça : le culte qui lui est voué, plus les mouvements tectoniques et textuels qui agitent la littérature semblent presque, sinon lui donner raison, du moins montrer la fragilité de son ambition, la nullité crasse et en même temps la beauté de sa quête fracassée. Hunter S. Thompson est mort, vive Hunter S. Thompson. Le reste n’est probablement que littérature.


  

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