mars 30

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Claude Cahun, exostisme.

« Se croyant tous destructeurs, bâtisseurs, méconnus, maudits, parricides, incendiaires – comme ils s’intimident eux-mêmes! comme ils sont, devant ce qu’ils nomment: la Gloire, des enfants sages, et soumis, et battus! – comme ils manquent d’audace!… »

  

  


Claude Cahun est le nom d’artiste de Lucy Schwob, née le 25 octobre 1894 à Nantes, morte le 8 décembre 1954 à Saint-Hélier (Jersey), photographe et écrivaine française dont la vie est étroitement liée à celle d’une autre artiste d’origine nantaise, Suzanne Malherbe (Marcel Moore). Liée au mouvement surréaliste, Claude Cahun s’est aussi engagée dans la vie politique de l’entre-deux-guerres et dans la Résistance pendant l’occupation allemande de Jersey.

  
  

Autant elle est passée inaperçue à son époque, sans doute pénalisée par sa trop grande indépendance et liberté, mais aussi par son caractère « touche à tout », à la fois écrivain, femme de théâtre, plasticienne et photographe, autant ces mêmes particularités en ont fait récemment une figure emblématique, à la limite de la récupération.


  
  

Certains couturiers en quête de liberté un rien provocatrice iront jusqu’à placer leur collection sous son « inspiration ». D’autres en feront une figure de l’émancipation féminine.
Très intimiste, poétique et largement autobiographique, son œuvre, en particulier photographique, est très personnelle et échappe aux tentatives de classification ou de rapprochement.

  
  
Son appartenance au mouvement surréaliste est dépassée par une inspiration très baudelairienne et la quête d’un mythe personnel. Elle ne cherche ni à provoquer, ni à « faire spectaculaire ». C’est elle-même qu’elle cherche, dans un jeu de miroirs et de métamorphoses permanent, entre fascination et répulsion dans une œuvre en grande partie composée d’autoportraits. De son goût pour le théâtre, elle tire une véritable passion de la mise en scène, d’elle-même comme des objets. Ainsi, elle use de déguisements, de maquillage, se rase la tête et les sourcils, etc.


  

Elle préfigure par ses installations des photographes contemporains comme Alain Flescher ou des plasticiens comme Christian Boltanski. Son œuvre est souvent rapprochée du travail de Cindy Sherman (mise en scène de soi, déguisement…) mais là où Sherman s’interroge sur l’image de la femme dans la société, Claude Cahun va au-delà de son statut de femme.

  

Claude Cahun construit une œuvre discrète et sensible, peu connue de son temps. Ses poèmes visuels (Le Cœur de Pic, Aveux non avenus) constituent un travail très original, unique en son genre, dont la diffusion fut très restreinte.
Il faut attendre les travaux de Man Ray, qu’elle connaissait, et surtout de Bellmer pour que ce type d’ouvrage rencontre le public. Elle n’est véritablement reconnue qu’à partir de 1992.

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