avril 04

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Stephen Jones is the go-to man when it comes to making headline hats.

Stephen Jones est né en 1957 dans le nord de l’Angleterre au sein d’une famille de la classe moyenne qui, “même si elle ne roulait pas sur l’or,” avait hérité suffisamment d’argent de son grand-père pour s’adonner à sa passion des voitures américaines des années 40. Elle n’avait aucune connexion avec le monde de la mode mais Stephen Jones a toujours pensé que sans la Deuxième Guerre Mondiale, son père aurait opté pour l’art ou le design. “Ses cahiers étaient remplis de merveilleux dessins.” Alors qu’il était toujours à l’école, ses parents emménagent plus au sud et il les suit peu après, ayant obtenu une place à la Central Saint Martins.


  

J’étais l’un des deux seuls étudiants mâles de toute la promotion.” Il a adoré cette période, même s’il ne s’entendait pas du tout avec sa responsable d’études. “Elle me détestait, et c’était réciproque. Imaginez : elle portait du Kenzo en 1976 ! En plein pendant les années punks !


  
  
  

Considéré comme l’un des plus importants chapelier du monde, ses créations ont été vues lors des défilés de Marc Jacobs, Balenciaga, John Galliano, Christian Dior et Vivienne Westwood. Le Victoria & Albert Museum de Londres lui a consacré une exposition en 2009. La carrière de Stephen Jones est définie par les chapeaux les plus excentriques et les plus originaux du monde. Mais ce dont il est le plus fier, c’est son travail pour la vénérable maison Dior, où il pénètre pour la première fois à l’automne 1996, sur invitation de son directeur de la création d’alors, John Galliano. “Même maintenant, chaque fois que je gravis l’escalier gris avec ses photos d’Ava Gardner et de Marlene Dietrich, j’ai le sentiment de pénétrer dans le Saint des Saints. D’approcher l’épicentre de l’industrie de la mode, et c’est très émouvant. Nul autre lieu du monde de la mode n’est aussi légendaire que ces quelques marches.


  
  
  

C’est avec Zandra Rhodes qu’il débute la première de ses collaborations en 1983. “Chaque créateur est différent, bien sûr. Chacun a sa propre vision et le modiste doit avoir suffisamment confiance en lui pour se mettre en empathie. Un des talents incontournables qu’il doit posséder, c’est une bonne qualité d’écoute. Et je ne parle pas d’échanges de mails, mais bien de face à face. C’est pour ça qu’on a l’impression que je suis toujours entre deux avions. On discute, on papote, ensuite on en arrive à parler chapeau et c’est une période de stimulation importante parce qu’on apprend à se connaître. J’emporte mon carnet de croquis partout, je commence à dessiner dans les airs. Mon job, c’est de prendre l’esthétisme du designer, le mien, de les combiner et d’en sortir quelque chose à mettre sur une tête ! Un chapeau pour une collection de Jean Paul Gaultier ou Marc Jacobs doit cadrer avec leur approche créative, mais apporter aussi une note inattendue. Le chapeau peut parfois être un point d’exclamation, parfois un point final. J’ai tout un lexique grammatical dans la tête.

  
  
  
  

Il travaillait pour John Galliano depuis 1993, et a été très surpris quand le couturier l’a informé qu’il partait pour Paris, travailler chez Givenchy, et qu’il voulait que Stephen le suive pour collaborer sur ses collections couture. Givenchy n’a été qu’une courte étape, le temps de deux collections couture et deux collections prêt-à-porter. Jusqu’à ce que Galliano décroche le poste très convoité de responsable du design pour Christian Dior, et qu’il demande à nouveau à Stephen de le suivre. Anciens étudiants de la Central Saint Martins, ils se connaissaient surtout des nuits dans les clubs londoniens. Mais c’est Stephen qui, à l’époque, était le plus expérimenté sur le plan international : depuis la fin des années 70, il fréquentait les ateliers des plus grands noms : Jean Paul Gaultier, Azzedine Alaïa, Claude Montana et Thierry Mugler.







http://www.stephenjonesmillinery.com

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