avril 30

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Paolo Roversi, Nudi.

Paolo Roversi apprend la photographie en autodidacte lorsqu’il est enfant, puis va se perfectionner chez un photographe local. Adolescent, il est porté vers la littérature et la poésie de Pétrarque, Leopardi et Eugenio Montale ainsi que celle d’autres auteurs comme Kerouac et Ginsberg qu’il rencontre.

  
  

C’est en 1964, au cours de vacances en Espagne, que Paolo Roversi découvre la photographie. De retour en Italie, il prend ses quartiers dans la cave de la maison familiale où il aménage une chambre noire et commence à développer ses premiers clichés en noir et blanc. Après avoir fait ses classes auprès du photographe professionnel Nevio Natali, il collabore dès 1970 avec l’Associated Press qui le charge de couvrir les funérailles d’Ezra Pound à Venise. La même année, avec l’aide de son ami Giancarlo Gramantieri, il ouvre un studio de photographie spécialisé dans le portrait au 58, via Cavour, à Ravenna, où il immortalise les personnalités locales.

  

Paolo Roversi choisit de devenir photographe indépendant ; il sera alors publié par Elle, Depeche Mode, Marie Claire, le British Vogue ou Vogue Italia, i-D, Interview… Petit à petit il assoit sa renommée et rencontre des grands noms de la photo : Peter Knapp, Helmut Newton, Guy Bourdin

  
  

La renommée arrive au début des années 1980 avec l’adoption d’un outil, le dos Polaroid de format 20 × 25, «qui révèle l’image comme par magie après une minute», mais qui trois décennies plus tard disparait peu à peu de sa technique.
Vers la même période, une campagne publicitaire pour Dior ainsi que des images pour Yohji Yamamoto ou Rei Kawakubo vont asseoir sa renommée.

  

Tous les grands magazines le publient, mais ses photos sont aussi accrochées à la galerie Pace-MacGill, l’une des plus importantes de New York. Il a photographié la plupart des grands mannequins du xxe siècle, dont Isabella Rossellini, Kate Moss, Laetitia Casta…


  

  
 

Il est exposé en 2008 aux Rencontres d’Arles. Une projection de son travail eu lieu au Théâtre antique, dans le cadre de la soirée Mano a Mano avec Peter Lindbergh.

  

Se définissant comme un « photographe lent », élégant, parlant couramment français, il appartient au carré des photographes de mode les plus connus au monde mais est également un photographe de nu.

En 1999, le portraitiste publie Nudi (éd. Stromboli & Steidl), une première monographie compilant près de cinquante photographies de mannequins, dont Kate Moss ou Milla Jovovich, entièrement et frontalement nus. Edité six ans plus tard, en 2005, le troisième recueil photographique de l’auteur, Studio (éd. Steidl/Dangin), fait s’entrecroiser les clichés de femmes anonymes, comédiennes ou top models, à l’image de Natalia Vodianova, muse de Paolo Roversi, transformées par l’artiste en anges, apparitions fantomatiques flottant dans un univers intemporel.



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